Focus sur le marché de l’immobilier d’entreprise à Paris

Depuis la crise, les capitales européennes ont connu plusieurs années difficiles, notamment dans le secteur de l’immobilier d’entreprise. Ainsi, Paris et Londres, les deux leaders dans le secteur en Europe ont vu la demande chuter en flèche. Mais, si sa voisine d’outre-manche a pu profiter d’un regain précoce, la capitale française commence à peine à sortir la tête de l’eau.

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Un secteur fortement touché par la crise

L’immobilier d’entreprise a été sévèrement touché par la crise de 2008. Alors que l’année 2007 avait connu un pic des investissements, les entreprises ont commencé à préférer reporter leurs projets immobiliers et renégocier leurs baux afin de faire des économies plutôt que de lancer dans un investissement immobilier.

C’était à ce moment là que le secteur de la Défense a commencé à se développer à une vitesse incroyable : les tours et immeubles de bureaux se sont accumulés alors que la demande chutait à pic. Ainsi, les prix sont tombés en flèche et de nombreux bureaux sont restés désespérément vides.

Si 48 % des entreprises françaises disent vouloir entreprendre des projets immobiliers, cela consiste surtout à faire des travaux de réaménagement ou à se lancer dans une restructuration ou une renégociation de leur bail. Quasiment aucune entreprise n’a voulu se lancer dans un investissement immobilier sur cette période.

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Une reprise qui se fait attendre

Cette recherche d’économies sur les loyers ou sur les charges et la demande bien inférieure à son niveau habituelle ont participé à donner le pouvoir aux locataires et donc à faire baisser les profits réalisés dans le secteur de l’immobilier d’entreprise.

Pendant ce temps-là, outre-manche, la grande rivale londonienne a profité d’un regain précoce et a déjà retrouvé son niveau d’avant la crise. De grandes entreprises continuent de s’y installer en profitant des avantages fiscaux et aussi parce qu’elles savent qu’elles trouveront sur place le personnel dont elles ont besoin. Vivier de compétences dans un cadre législatifs plus souple que la France, Londres a déjà retrouvé son niveau d’avant la crise.

Ainsi, le taux de vacance de l’immobilier d’entreprise est seulement de 2,8 % dans le West End – quartier le plus cher de Londres, et de 6,5 % dans la City alors qu’il était à la même époque de 7,6 % en moyenne à Paris et, surtout, de 12 % à la Défense.

Toutefois, les différences entre Londres et Paris doivent être minimisées en raison de deux facteurs. D’abord, une pratique de la sous-location qui fausse le marché londonien, qui a massivement recours à cette technique interdite en France. L’autre facteur est la primauté donnée au secteur financier à Londres, secteur qui a fait connu le regain de croissance le plus rapide. Ces deux facteurs empêchent une vraie comparaison entre Londres et Paris.

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Une reprise progressive

Fin 2014, le seuil symbolique des 4 millions de mètres carrés de bureaux vides a été franchi. Mais il ne faut pas non plus être alarmiste quant à la situation de l’immobilier d’entreprise car Paris montre aussi des signes de reprise. Ainsi, si en 2014 les investissements ont chuté de 9 % à Londres, ils ont augmenté de 45 % à Paris !

La capitale française offre ainsi toujours des garanties qui attirent les investisseurs : une stabilité reconnue ainsi que des rendements supérieurs à ceux de Londres. De 4 à 5 % dans la capitale anglaise, ils sont de 5 à 6 % à Paris. Ces deux qualités devraient permettre à Paris de vaincre la frilosité des investisseurs, qui sont freinés par le contexte politique et économique en France.

Les prévisions pour 2016 et pour 2017 tablent donc sur un regain progressif du secteur de l’immobilier d’entreprise à Paris.

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